Les 13 skills « Revues de littérature »

Le contenu de chaque skill, lisible sans rien décompresser

Maria Mercanti-Guérin — IAE Paris-Sorbonne

Comment lire ce livret

Un skill est un fichier de méthode que Claude lit avant de travailler. Chaque section reproduit un skill en entier. L'encadré vert, « Quand Claude le déclenche », est le texte que Claude consulte pour décider si le skill s'applique à la demande : il dit à quoi sert le skill et quand ne pas l'utiliser. Le reste est la méthode elle-même : les étapes, les standards, les pièges et la passe de vérification finale. Les noms de skills cités dans le texte sont cliquables et renvoient à la section correspondante.

1Revue systématique

Fichier : revue-systematique.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue systématique de la littérature (SLR) selon le standard PRISMA 2020, avec variante SPAR-4-SLR pour les revues en sciences de gestion. Couvre : formulation de la question (PICO/SPIDER), équation de recherche booléenne, critères d'inclusion/exclusion, diagramme de flux PRISMA, grille d'extraction, évaluation de la qualité des études, synthèse narrative structurée. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « revue systématique », « SLR », « PRISMA », « SPAR-4-SLR », « protocole de revue », « diagramme de flux », « équation de recherche », veut transformer un corpus d'articles en revue publiable, ou prépare la section revue de littérature d'un article visant une revue exigeant un protocole explicite. Ne pas utiliser pour : cartographier un champ émergent sans question fermée (scoping-review), agréger statistiquement des effets (meta-analyse), analyser des réseaux de citations (revue-bibliometrique).

Une revue systématique n'est pas une lecture exhaustive : c'est une méthode de recherche à part entière, reproductible, où chaque décision (mots-clés, bases, critères, exclusions) est documentée au point qu'un tiers pourrait refaire la revue et obtenir le même corpus. La transparence du protocole compte autant que la synthèse elle-même.

Choix du standard

Étape 1 — Question et protocole

  1. Formuler une question fermée et répondable. Gabarits : PICO (Population, Intervention, Comparaison, Outcome) pour les effets ; SPIDER pour le qualitatif ; en gestion, souvent « Que sait-on de X dans le contexte Y, et quelles lacunes ? »
  2. Fixer les bornes : période, langues, types de documents (articles à comité de lecture seulement ? chapitres ? actes ?), champs disciplinaires.
  3. Choisir les bases : Scopus + Web of Science comme socle ; compléter selon le champ (EBSCO Business Source, ABI/Inform, Cairn pour le francophone). Documenter la date d'interrogation.
  4. Si la revue cible l'exige : pré-enregistrer le protocole (PROSPERO pour la santé ; en gestion, annexe méthodologique suffit).

Étape 2 — Équation de recherche

Construire l'équation en blocs de synonymes reliés par AND :

("influencer marketing" OR "social media influencer*" OR "brand ambassador*")
AND ("consumer trust" OR "credibility" OR "authenticity")
AND ("systematic*" OR "empirical" OR "experiment*")   [si pertinent]

Règles : troncature (*) pour les variantes ; tester l'équation et rapporter le nombre de résultats par base ; conserver toutes les versions de l'équation (les relecteurs les demandent).

Étape 3 — Sélection et diagramme de flux

Quatre stades PRISMA à chiffrer précisément :

  1. Identification : n résultats par base, n après dédoublonnage.
  2. Screening : titre/résumé contre les critères → n exclus.
  3. Éligibilité : lecture plein texte → n exclus avec motif par article (hors périmètre, pas empirique, doublon conceptuel...).
  4. Inclusion : n final.

Produire le diagramme de flux (les 4 boîtes avec effectifs et motifs d'exclusion). Chaque critère d'inclusion/exclusion doit être défini avant le screening, pas ajusté après pour justifier le corpus.

Étape 4 — Extraction et évaluation

Grille d'extraction (tableur) avec au minimum : auteurs/année, revue, pays/contexte, théorie mobilisée, méthode, échantillon, variables/concepts, résultats principaux, limites. En gestion, ajouter les colonnes du cadre d'analyse choisi (souvent TCCM — voir skill revue-cadre-tccm pour structurer la synthèse).

Évaluation de la qualité : en santé, outils formels (RoB 2, MMAT) ; en gestion, proxy accepté = classement des revues (FNEGE, ABS/AJG, CNRS) + critères méthodologiques explicites. Toujours dire ce qui a été fait.

Étape 5 — Synthèse et écriture

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Question de recherche fermée et énoncée verbatim
Équation(s) de recherche reproductible(s), bases et dates documentées
Effectifs du flux cohérents (identification − exclusions = inclusion)
Motif d'exclusion donné pour chaque article écarté en plein texte
Synthèse organisée par thèmes, pas par articles
Agenda de recherche dérivé des lacunes, pas plaqué
Checklist PRISMA 2020 (27 items) ou phases SPAR-4-SLR couvertes

Références clés

Skills voisins

Question ouverte / champ émergent → scoping-review. Agrégation statistique d'effets → meta-analyse. Structure de synthèse par cadre → revue-cadre-tccm. Analyse quantitative du corpus → revue-bibliometrique.

2Méta-analyse

Fichier : meta-analyse.skill

Quand Claude le déclenche

Structure, conduit ou révise une méta-analyse : agrégation statistique des tailles d'effet issues d'études quantitatives comparables (corrélations, d de Cohen, odds ratios), modèle à effets fixes/aléatoires, hétérogénéité (Q, I²), biais de publication (funnel plot, trim-and-fill), analyse de modérateurs. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « méta-analyse », « taille d'effet », « effect size », « forest plot », « hétérogénéité », « I² », « biais de publication », veut agréger quantitativement les résultats de plusieurs études, ou demande si un corpus se prête à une méta-analyse. Déclenche-le aussi pour rédiger ou relire la section méthode d'une méta-analyse. Ne pas utiliser pour une synthèse narrative d'études hétérogènes (revue-systematique) ni pour synthétiser du qualitatif (meta-synthese-qualitative).

La méta-analyse est une revue systématique dont la synthèse est statistique : elle traite chaque étude comme une observation et estime un effet moyen pondéré. Elle hérite donc de tout le protocole d'une SLR (question, équation, flux PRISMA — voir revue-systematique) et y ajoute une chaîne quantitative propre. Ce skill couvre cette chaîne.

Condition d'entrée : la commensurabilité

Avant tout, vérifier que les études sont agrégeables : même relation conceptuelle (X→Y comparable), statistiques convertibles en une métrique commune, indépendance des échantillons. Si les opérationnalisations divergent trop, le dire à l'utilisateur et proposer une SLR narrative ou une méta-analyse restreinte à un sous-ensemble. Une méta-analyse de pommes et d'oranges est le mode d'échec n°1 signalé par les relecteurs.

En gestion/marketing, l'unité typique est la corrélation (r) entre deux construits ; en expérimental, le d de Cohen ou le g de Hedges ; pour les issues binaires, l'odds ratio ou le risk ratio.

Étape 1 — Extraction des effets

Pour chaque étude, extraire : taille d'effet (ou statistiques permettant de la calculer : t, F, χ², moyennes+écarts-types), taille d'échantillon, fiabilité des mesures (α, pour la correction d'atténuation à la Hunter-Schmidt), et les modérateurs candidats (contexte, période, type d'échantillon, design).

Règles : une étude peut fournir plusieurs effets — gérer la dépendance (moyenne intra-étude, ou modèles multiniveaux/RVE si l'utilisateur a les moyens). Convertir tous les effets dans la même métrique avant agrégation ; transformer r en z de Fisher pour le calcul.

Étape 2 — Modèle d'agrégation

Étape 3 — Hétérogénéité et modérateurs

Étape 4 — Biais de publication et robustesse

Au moins deux diagnostics : funnel plot + test d'Egger ; trim-and-fill ; fail-safe N (à présenter comme indicatif, il est critiqué) ; PET-PEESE si le corpus le permet. Analyses de sensibilité : leave-one-out, exclusion des outliers d'influence.

Étape 5 — Présentation

Outils à recommander selon le profil : R (metafor — référence), JASP (interface graphique gratuite), CMA (payant).

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Commensurabilité des études argumentée
Métrique d'effet unique, conversions documentées
Dépendance des effets multiples traitée
Modèle (aléatoire/fixe, H-O/H-S) choisi et justifié
I² rapporté et interprété ; modérateurs théorisés a priori
≥ 2 diagnostics de biais de publication
Effets interprétés en magnitude, pas seulement en p

Références clés

Skills voisins

Protocole de recherche documentaire → revue-systematique. Corpus qualitatif → meta-synthese-qualitative. Revues de revues avec méta-analyses existantes → umbrella-review.

3Revue à méthodes mixtes

Fichier : revue-mixte.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue à méthodes mixtes (mixed studies review / mixed methods review) : synthèse combinant études quantitatives, qualitatives et mixtes sur une même question, avec choix d'un design d'intégration (convergent, séquentiel) et évaluation par le MMAT. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « mixed studies review », « revue mixte », « revue à méthodes mixtes », veut combiner le « combien » et le « pourquoi » (l'ampleur d'un effet ET l'expérience des acteurs), synthétiser un corpus où coexistent enquêtes, expérimentations et études d'entretiens, ou croiser efficacité et acceptabilité d'un dispositif. Ne pas utiliser pour un corpus homogène quantitatif (meta-analyse) ou qualitatif (meta-synthese-qualitative), ni pour croiser des littératures disciplinaires sans logique quanti/quali (revue-integrative).

La revue mixte synthétise sur une même question des preuves quantitatives (combien, quel effet) et qualitatives (pourquoi, comment c'est vécu), et — c'est sa signature — les intègre au lieu de les juxtaposer. Exemple type : les études quantitatives mesurent l'effet des chatbots sur la satisfaction client ; les qualitatives expliquent pourquoi certains segments les rejettent ; la revue mixte croise les deux pour dire quand l'effet se produit et pourquoi il s'inverse.

Force du format (Grant & Booth) : chaque volet compense les faiblesses de l'autre. Difficulté : l'intégration exige un design explicite — c'est l'objet central de ce skill.

Étape 1 — Question(s) et design d'intégration

Choisir le design avant la synthèse (typologie de Pluye & Hong, 2014) :

Formuler la ou les questions en conséquence : une question d'effet + une question d'expérience/mécanisme.

Étape 2 — Recherche et sélection

Protocole SLR standard (voir revue-systematique), avec équations couvrant les deux traditions (termes de design quanti ET quali). Ne pas exclure les études mixtes primaires : elles se codent dans les deux volets.

Étape 3 — Évaluation de la qualité : le MMAT

Outil dédié : MMAT (Mixed Methods Appraisal Tool, Hong et al., 2018) — le seul qui évalue avec une grille cohérente les cinq familles : quali, essais randomisés, quanti non randomisé, quanti descriptif, mixte (5 critères par famille). Rapporter l'évaluation par étude ; l'utiliser en pondération ou sensibilité, pas forcément en exclusion.

Étape 4 — Synthèse et intégration

Le livrable d'intégration selon le design :

Dans tous les cas, conclure par des méta-inférences : les conclusions qui n'existent que par le croisement (« l'effet moyen positif masque un rejet actif chez X, expliqué par M »).

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Design d'intégration choisi et nommé avant synthèse
Équations couvrant les deux traditions méthodologiques
MMAT appliqué aux cinq familles d'études
Intégration matérialisée (matrice ou synthèse unifiée), pas deux revues juxtaposées
Dissonances quanti/quali analysées, pas gommées
Méta-inférences explicites en conclusion

Références clés

Skills voisins

Corpus quanti seul → meta-analyse. Corpus quali seul → meta-synthese-qualitative. Croisement de disciplines → revue-integrative.

4Umbrella review

Fichier : umbrella-review.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une umbrella review (revue de revues, overview of reviews, méta-revue) : synthèse dont les unités d'analyse sont des revues systématiques et méta-analyses existantes, avec évaluation de leur qualité (AMSTAR 2), gestion du chevauchement des études primaires et gradation de la confiance dans les résultats. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « umbrella review », « revue de revues », « méta-revue », « overview of reviews », « synthèse de méta-analyses », veut comparer ou réconcilier des revues systématiques contradictoires, ou dresser le panorama d'un champ déjà couvert par de nombreuses revues. Ne pas utiliser si le champ compte peu de revues systématiques publiées (basculer en revue-systematique sur les études primaires) ni pour agréger soi-même des effets primaires (meta-analyse).

L'umbrella review prend de la hauteur : ses unités d'analyse sont des revues systématiques et méta-analyses, pas des études primaires. Elle sert quand un champ est si travaillé que les revues elles-mêmes prolifèrent — et parfois se contredisent. Sa valeur : dire au lecteur ce que l'ensemble des synthèses établit, avec quel niveau de confiance, et pourquoi elles divergent quand elles divergent.

Condition de faisabilité

Vérifier d'abord qu'il existe assez de revues systématiques/méta-analyses (ordre de grandeur : ≥ 5–10 sur la question). Sinon, le format n'est pas viable — le dire à l'utilisateur et proposer une SLR classique. Vérifier aussi le périmètre : l'umbrella exige que les revues incluses portent sur une question comparable (même famille d'interventions/relations).

Méthode en 6 temps

1. Question et critères. Question au format PICO/équivalent gestion, avec un critère d'inclusion supplémentaire : seuls les documents se présentant comme revues systématiques ou méta-analyses (méthodes de recherche documentées) sont éligibles ; exclure les revues narratives. Trancher à l'avance : inclut-on les revues systématiques sans méta-analyse ? les méta-analyses en préprint ?

2. Recherche et sélection. Équations avec filtres de type de document (« systematic review » OR « meta-analysis » dans titre/résumé), bases classiques + registres (PROSPERO pour repérer les revues en cours). Flux PRISMA adapté.

3. Évaluation de la qualité des revues incluses — étape signature. Outil standard : AMSTAR 2 (16 items, dont 7 critiques : protocole préalable, exhaustivité de la recherche, justification des exclusions, risque de biais, méthodes statistiques, prise en compte du biais dans l'interprétation, biais de publication). Classer chaque revue : confiance élevée / modérée / faible / critique. En gestion, où AMSTAR est rare, l'adapter en grille explicite et le dire.

4. Gestion du chevauchement (overlap). Piège central du format : les mêmes études primaires apparaissent dans plusieurs revues → double comptage des preuves. Construire la matrice de citation (études primaires × revues) et calculer le CCA (corrected covered area : < 5 % faible, 5–10 % modéré, 10–15 % élevé, > 15 % très élevé). Si l'overlap est très élevé, privilégier la revue la plus récente/complète par question plutôt que d'additionner.

5. Extraction et gradation. Par revue : question, k études, N total, effet agrégé + IC, I², évaluation du biais de publication, conclusion des auteurs. Puis graduer la confiance par résultat (logique GRADE ou classes de preuves : convaincant / hautement suggestif / suggestif / faible), en croisant taille d'effet, significativité, hétérogénéité, qualité AMSTAR.

6. Synthèse. Organiser par résultats (pas par revue) : pour chaque relation, ce que les revues convergent à dire, avec quelle confiance, et l'explication des divergences (périodes couvertes, critères d'inclusion, méthodes d'agrégation différentes). Tableau maître : relation → nb de revues → effet(s) → confiance → divergences.

Erreurs à bloquer

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
≥ 5 revues systématiques/méta-analyses éligibles (sinon réorienter)
Revues narratives exclues, critère documenté
AMSTAR 2 (ou grille adaptée) appliqué à chaque revue
Matrice de chevauchement + CCA calculé et interprété
Synthèse par résultats avec gradation de confiance
Divergences entre revues expliquées, pas moyennées en silence

Références clés

Skills voisins

Peu de revues existantes → revue-systematique. Agrégation d'effets primaires → meta-analyse.

5Rapid review

Fichier : rapid-review.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une rapid review : revue systématique accélérée sous contrainte de temps (semaines, pas mois), avec simplifications méthodologiques explicites et assumées, destinée à éclairer une décision (politique publique, direction, réponse à appel à projets, note de synthèse). Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « rapid review », « revue rapide », « synthèse rapide de la littérature », « evidence brief », demande « ce que dit la littérature » avec une échéance courte, prépare une note pour décideurs, un livrable de consulting fondé sur les preuves, ou une réponse d'expertise. Ne pas utiliser quand le temps permet une revue complète (revue-systematique) ni pour une simple recherche documentaire ponctuelle sans synthèse structurée.

La rapid review est une revue systématique sous contrainte de temps assumée : mêmes principes (question explicite, recherche documentée, sélection à critères, synthèse structurée), mais avec des raccourcis méthodologiques choisis, déclarés et dont les conséquences sont discutées. La différence entre une rapid review et une revue bâclée tient en un tableau : celui des simplifications adoptées.

Usage type : éclairer une décision datée — note pour un décideur, cadrage d'appel à projets, due diligence, positionnement rapide sur un sujet chaud (réglementation IA, nouvelle plateforme...).

Étape 1 — Négocier le mandat

Trois paramètres à fixer avec l'utilisateur avant tout : 1. La question, la plus étroite possible : la rapid review ne survit pas aux questions larges. Resserrer population, contexte, période. 2. Le délai et le livrable : note de 3 pages ? synthèse de 15 pages ? Cela dicte les raccourcis. 3. Le destinataire : décideur (implications d'abord) ou chercheur (méthode d'abord).

Étape 2 — Choisir les raccourcis (menu Cochrane Rapid Reviews)

Chaque raccourci s'adopte explicitement ; les documenter dans un tableau « simplification → risque induit » :

Levier Version complète Raccourci rapid Risque
Bases 4–6 bases 1–2 (ex : Scopus seul) Couverture partielle
Période Toute la littérature 5–10 dernières années Perte des fondateurs
Langues Multilingue EN (+ FR) Biais géographique
Types de sources Tout Revues à comité + 1–2 revues systématiques récentes comme socle Dépendance aux synthèses d'autrui
Screening Double lecture indépendante Simple lecture + validation d'un échantillon Erreurs de sélection
Qualité Grille complète par étude Évaluation simplifiée (classement de revue + design) Sur/sous-pondération
Extraction Grille exhaustive Champs essentiels seulement Nuances perdues

Astuce structurante : s'appuyer d'abord sur les revues systématiques existantes (mini-umbrella) et ne remonter aux études primaires que pour la période non couverte par ces revues.

Étape 3 — Exécution compressée

Même chaîne qu'une SLR, comprimée : équation simple mais documentée → screening → extraction dans une grille courte → synthèse. Tenir le décompte du flux (même simplifié : identifiés / exclus / inclus) — c'est ce qui distingue le format d'une compilation.

Étape 4 — Synthèse orientée décision

Structure type du livrable : 1. Réponse en une page (executive summary) : ce que la littérature établit, avec le niveau de confiance. 2. Ce qui est solide / ce qui est débattu / ce qu'on ne sait pas — trois rubriques, pas plus. 3. Implications pour la décision en jeu. 4. Encadré méthodologique : question, sources, période, tableau des simplifications et de leurs risques. 5. Références.

Calibrer la confiance dans les formulations : une rapid review dit « les éléments disponibles suggèrent », pas « il est démontré que ».

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Question resserrée validée avec l'utilisateur
Raccourcis listés dans un tableau simplification → risque
Flux de sélection chiffré (même simplifié)
Revues systématiques existantes exploitées avant les primaires
Formulations calibrées (pas de certitude excédant la méthode)
Encadré méthodologique présent dans le livrable

Références clés

Skills voisins

Temps disponible → revue-systematique. Beaucoup de revues existantes → umbrella-review. Champ émergent à cartographier → scoping-review.

6Scoping review

Fichier : scoping-review.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue de portée (scoping review) selon PRISMA-ScR et le cadre Arksey & O'Malley / JBI : cartographier l'étendue, la nature et les lacunes d'un champ émergent ou hétérogène, sans évaluer la qualité des études ni agréger des effets. Inclut la variante mapping review (cartographie systématique). Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « scoping review », « revue de portée », « revue exploratoire », « cartographier la littérature », « PRISMA-ScR », « mapping review », veut savoir « ce qui existe » sur un sujet récent (IA générative, GEO, influence virtuelle...), clarifier des définitions concurrentes, ou déterminer si une revue systématique est faisable. Ne pas utiliser quand la question est fermée et appelle une synthèse des résultats (revue-systematique) ni pour une analyse de réseaux de citations (revue-bibliometrique).

La scoping review répond à « qu'est-ce qui existe ? » là où la revue systématique répond à « que sait-on ? ». Elle cartographie un champ — volume, types d'études, concepts en circulation, trous — sans juger la qualité des études ni trancher une question d'effet. C'est le format naturel pour les objets émergents où les définitions ne sont pas stabilisées.

Critère de choix (Munn et al., 2018) : question fermée sur des effets → revue systématique ; besoin de clarifier concepts, périmètre, types de preuves disponibles → scoping. Si l'utilisateur hésite, poser la question de recherche et trancher avec lui.

Cadre : Arksey & O'Malley (2005), consolidé par Levac et JBI

Six étapes :

1. Question de recherche — volontairement large. Format PCC : Population, Concept, Contexte. Ex : « Comment la littérature en marketing (contexte) aborde-t-elle les influenceurs virtuels (concept) auprès des consommateurs (population) ? » La question peut être affinée en cours de route — c'est permis en scoping, à condition de documenter l'itération.

2. Identification des études. Même rigueur documentaire qu'une SLR (équation booléenne, bases multiples, dates) mais périmètre plus inclusif : littérature grise, préprints, rapports, actes acceptés si l'objet est récent.

3. Sélection. Screening en deux temps (titre/résumé, puis plein texte), critères PCC explicites, diagramme de flux PRISMA-ScR. Différence avec la SLR : les critères peuvent évoluer par itération (le documenter), et pas d'évaluation de qualité — l'inclusion ne dépend pas de la robustesse méthodologique.

4. Charting (extraction cartographique). Grille descriptive : année, discipline, revue, définition du concept utilisée, cadre théorique, méthode, contexte, résultats en une phrase. Le charting est calibré collectivement sur 5–10 articles avant extraction complète.

5. Synthèse. Principalement descriptive et visuelle : - distribution temporelle (courbe de croissance du champ), - répartition par disciplines, méthodes, géographies, - tableau des définitions concurrentes du concept central (souvent la contribution la plus utile), - carte des thèmes / typologie inductive, - lacunes explicites (populations non étudiées, méthodes absentes, contextes ignorés).

6. Consultation (optionnelle). Valider la carte auprès d'experts ou praticiens du domaine.

Variante : mapping review

Le mapping (systematic map) est plus question-based et classificatoire : il produit une base de données codée du champ (matrice études × catégories) destinée à orienter des revues ultérieures, sans synthèse narrative développée. Même squelette, livrable = la matrice + statistiques descriptives. Choisir cette variante quand l'objectif est de préparer un programme de recherche plutôt qu'un article autonome.

Erreurs à bloquer

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Question au format PCC, large mais délimitée
Stratégie de recherche reproductible, littérature grise justifiée (incluse ou non)
Diagramme de flux PRISMA-ScR chiffré
Aucune conclusion d'efficacité ; pas d'évaluation de qualité présentée comme telle
Synthèse cartographique (distributions, typologie, définitions) et non narrative-évaluative
Lacunes → implications pour recherches futures
Checklist PRISMA-ScR (20 items) couverte si soumission

Références clés

Skills voisins

Question fermée sur des effets → revue-systematique. Structure quantitative du champ par citations → revue-bibliometrique. Synthèse rapide pour décideur → rapid-review.

7Revue bibliométrique

Fichier : revue-bibliometrique.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue bibliométrique (Donthu et al., 2021) : analyse quantitative d'un corpus large (centaines/milliers de documents) par analyse de performance (citations, auteurs, revues productives) et cartographie scientifique (co-citation, couplage bibliographique, cooccurrence de mots-clés, VOSviewer/Bibliometrix). Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « bibliométrie », « revue bibliométrique », « co-citation », « couplage bibliographique », « VOSviewer », « Bibliometrix », « biblioshiny », « h-index d'un champ », veut identifier la structure intellectuelle d'un domaine, ses clusters thématiques, son évolution temporelle, ou traiter un corpus trop volumineux pour une lecture intégrale. Ne pas utiliser pour synthétiser le contenu des résultats (revue-systematique) : la bibliométrie décrit la structure d'un champ, pas ses conclusions. Les deux se combinent souvent (bibliométrie puis SLR sur les clusters).

La revue bibliométrique analyse un champ par ses métadonnées (citations, auteurs, mots-clés, références) plutôt que par la lecture de ses contenus. Elle répond à : quelle est la structure intellectuelle du domaine, quels sont ses clusters, ses fondations, ses fronts émergents, sa dynamique. Format adapté aux corpus larges (règle de Donthu : pertinent à partir de plusieurs centaines de documents ; en dessous, préférer une SLR).

Limite à toujours rappeler : la bibliométrie dit qui parle avec qui et de quoi, pas ce que les études concluent. Une revue bibliométrique publiable se termine par une lecture qualitative des clusters, pas par les seules cartes.

Étape 1 — Corpus

  1. Base unique de préférence (Scopus ou Web of Science) : les formats de métadonnées se fusionnent mal. Documenter base, requête, filtres (types de documents, période, catégories), date d'extraction, n final.
  2. Requête construite comme une équation de SLR (blocs de synonymes) puis nettoyage : dédoublonnage, harmonisation des mots-clés (singulier/pluriel, « AI »/« artificial intelligence »), désambiguïsation des auteurs homonymes. Le nettoyage conditionne toutes les cartes — y consacrer du temps et le documenter.

Étape 2 — Analyse de performance (le « qui » et le « combien »)

Métriques descriptives : production annuelle (courbe de croissance), auteurs/institutions/pays les plus productifs et cités, revues sources, articles les plus cités (avec citations totales et par an), lois de distribution si utile (Lotka, Bradford). Présenter en tableaux ; c'est le volet descriptif, pas la contribution principale.

Étape 3 — Cartographie scientifique (le « comment c'est structuré »)

Choisir les techniques selon la question (Donthu et al., 2021) :

Technique Unité liée Révèle Question type
Analyse de co-citation Références citées ensemble Les fondations intellectuelles (structure passée) Sur quels socles le champ repose-t-il ?
Couplage bibliographique Documents partageant des références Les fronts de recherche actuels Comment la recherche récente se regroupe-t-elle ?
Cooccurrence de mots-clés Mots-clés apparaissant ensemble La structure thématique De quoi parle le champ ?
Co-autorat Collaborations La structure sociale Qui travaille avec qui ?
Analyses dynamiques (overlay temporel, thematic evolution) — Les trajectoires Comment les thèmes émergent/déclinent ?

Combinaison canonique pour un article : co-citation (passé) + couplage ou cooccurrence (présent) + analyse temporelle (dynamique).

Outils : VOSviewer (cartes, gratuit), Bibliometrix/biblioshiny (R, le plus complet : diagramme stratégique, évolution thématique), CiteSpace (burst detection). Rapporter les paramètres (seuils d'occurrence, méthode de normalisation, résolution du clustering) — exigés par les relecteurs.

Étape 4 — Interprétation des clusters (l'étape qui fait l'article)

Pour chaque cluster : le nommer (à partir de ses items dominants), lire ses 5–10 documents centraux, rédiger un paragraphe : objet du cluster, travaux structurants, lien avec les autres clusters, questions ouvertes. Puis monter en synthèse : que dit la structure d'ensemble (champ fragmenté ? dominé par une tradition ? front émergent sous-connecté aux fondations ?) → agenda de recherche.

Erreurs à bloquer

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Base, requête, filtres, date, n documentés
Nettoyage des métadonnées décrit
Techniques choisies justifiées par les questions
Paramètres des cartes rapportés (seuils, normalisation, clustering)
Chaque cluster nommé, lu et interprété
Limite « structure ≠ conclusions » énoncée ; agenda de recherche final

Références clés

Skills voisins

Synthèse du contenu des clusters → revue-systematique (workflow hybride bibliométrie → SLR très valorisé). Champ émergent, petit corpus → scoping-review.

8Realist review

Fichier : realist-review.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue réaliste (realist review / realist synthesis, Pawson) selon les standards RAMESES : synthèse explicative centrée sur les mécanismes, qui répond à « qu'est-ce qui marche, pour qui, dans quelles circonstances et pourquoi » via des configurations Contexte-Mécanisme-Résultat (CMO). Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « realist review », « revue réaliste », « synthèse réaliste », « CMO », « théorie de programme », « middle-range theory », veut expliquer pourquoi une intervention/pratique produit des résultats hétérogènes selon les contextes, ou synthétiser la littérature sur un dispositif complexe (transformation digitale, gamification, politiques d'adoption de l'IA...). Ne pas utiliser pour estimer un effet moyen (meta-analyse) ni pour établir « si ça marche » en général (revue-systematique).

La revue réaliste ne demande pas « est-ce que ça marche ? » mais « qu'est-ce qui marche, pour qui, dans quelles circonstances, et pourquoi ? ». Elle part du constat que les interventions complexes (un dispositif de formation, une stratégie de gamification, un programme de transformation IA) ne « marchent » jamais en soi : elles déclenchent des mécanismes (raisonnements et réactions des acteurs) qui produisent des résultats différents selon les contextes. Le livrable n'est pas un effet moyen mais une théorie de moyenne portée affinée.

C'est le format adapté quand les méta-analyses concluent à une hétérogénéité inexpliquée, ou quand la question de l'utilisateur contient déjà un « ça dépend ».

Le vocabulaire de base

Méthode en 5 temps (Pawson et al., 2005 ; standards RAMESES)

1. Cadrer et formuler les théories initiales de programme. Avant la recherche documentaire : expliciter comment l'intervention est censée marcher, sous forme de 3–6 théories candidates (« si..., alors..., parce que... »). Sources : littérature grise, documents de conception, bon sens théorique, entretiens d'experts. Ces théories sont les hypothèses que la revue va tester et raffiner.

2. Rechercher les preuves — de façon itérative et ciblée. Rupture avec la SLR : la recherche n'est pas exhaustive-une-fois mais par vagues, pilotée par les théories. On cherche des éléments capables de confirmer, infirmer ou raffiner chaque CMO — y compris hors du champ d'origine (un mécanisme de compétition documenté en éducation peut éclairer la gamification en marketing). Documenter chaque vague : pourquoi cette recherche, qu'a-t-elle apporté aux théories.

3. Sélectionner et apprécier par la pertinence et la rigueur. Deux critères RAMESES : relevance (la source contribue-t-elle à la théorie ?) et rigour (la méthode de la source soutient-elle l'élément qu'on lui emprunte ?). Un article globalement faible peut fournir une observation contextuelle solide ; on juge des fragments de preuve, pas des articles entiers.

4. Extraire et synthétiser par configurations. Coder les fragments en C, M ou O ; assembler les CMO ; confronter les configurations entre elles et aux théories initiales. La synthèse raconte le raffinement : théorie initiale → preuves à l'appui/à l'encontre → théorie révisée. Les cas déviants (mêmes ressources, résultat opposé) sont les plus précieux : ils forcent la spécification des contextes.

5. Livrer la théorie affinée. Résultat final : un jeu de configurations CMO consolidées + la théorie de moyenne portée qui les organise, avec ses conditions de validité. Recommandations formulées en « pour obtenir O auprès de [qui], réunir le contexte C afin de déclencher M » — jamais en « faites X, ça marche ».

Reporting : RAMESES

Pour publication, suivre la liste RAMESES (Wong et al., 2013) : 19 items, dont la justification du choix réaliste, les théories de programme initiales et finales, et la documentation des itérations de recherche.

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Théories de programme initiales explicitées avant la recherche
Mécanismes = réponses des acteurs (pas des activités d'intervention)
Recherche itérative documentée vague par vague
Appréciation par pertinence + rigueur au niveau des fragments
Cas déviants recherchés et exploités
Livrable = CMO consolidées + théorie révisée, pas un verdict global

Références clés

Skills voisins

Effet moyen recherché → meta-analyse. « Est-ce que ça marche » sans mécanismes → revue-systematique. Synthèse d'expériences vécues → meta-synthese-qualitative.

9Méta-synthèse qualitative

Fichier : meta-synthese-qualitative.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une méta-synthèse qualitative (qualitative evidence synthesis) : synthèse interprétative d'études qualitatives — méta-ethnographie (Noblit & Hare), synthèse thématique (Thomas & Harden) — avec reporting ENTREQ et évaluation CASP. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « méta-synthèse », « méta-ethnographie », « qualitative evidence synthesis », « synthèse thématique d'études qualitatives », veut synthétiser des études d'entretiens, d'ethnographies, de netnographies ou de cas, monter en généralité à partir de résultats qualitatifs, ou construire une théorie à partir d'un corpus interprétatif (expériences des consommateurs, vécu des salariés face à l'IA...). Ne pas utiliser pour du quantitatif (meta-analyse), pour des corpus mixtes (revue-mixte), ni pour coder des données primaires (c'est de l'analyse, pas de la synthèse).

La méta-synthèse fait pour le qualitatif ce que la méta-analyse fait pour le quantitatif — mais par interprétation, pas par agrégation. Elle prend les résultats d'études qualitatives (thèmes, concepts, métaphores des auteurs) comme données, et produit une interprétation de troisième ordre : plus abstraite que chaque étude, capable de dire quelque chose qu'aucune ne disait seule. Le risque du format : écraser la richesse contextuelle en catégories creuses ; toute la méthode vise à l'éviter.

Étape 0 — Choisir l'approche

Étape 1 — Question et corpus

Question au format SPIDER (Sample, Phenomenon of Interest, Design, Evaluation, Research type) plutôt que PICO. Recherche documentaire systématique (les études qualitatives sont mal indexées : multiplier les termes — interview, ethnograph, netnograph, « lived experience », qualitative...). La méta-synthèse tolère un échantillonnage raisonné* du corpus (saturation théorique) plutôt qu'exhaustif — le déclarer.

Évaluation de la qualité : grille CASP qualitative ; les études faibles ne sont pas forcément exclues mais leur poids interprétatif est réduit (analyse de sensibilité : la synthèse tient-elle sans elles ?).

Étape 2 — Extraction à deux niveaux

Distinguer soigneusement : - Concepts de premier ordre : les verbatims/interprétations des participants cités dans les études. - Concepts de second ordre : les interprétations des auteurs des études (leurs thèmes, leurs métaphores). La synthèse travaille surtout sur le second ordre, ancré dans le premier. Extraire aussi le contexte de chaque étude (terrain, population, époque) — indispensable pour ne pas désancrer les concepts.

Étape 3 — Synthèse (méta-ethnographie : les 3 opérations)

  1. Traduction réciproque : établir comment les concepts d'une étude « se traduisent » dans ceux des autres (le « bricolage identitaire » de l'étude A est-il le « travail de façade » de l'étude B ?). Construire la grille de traduction (études × concepts).
  2. Synthèse réfutationnelle : traiter frontalement les études dont les résultats se contredisent — chercher ce qui explique la contradiction (contexte, population, posture des auteurs). Les contradictions sont des résultats.
  3. Ligne d'argument (line-of-argument) : monter en abstraction — que dit l'ensemble que ne dit aucune partie ? C'est ici que naît l'interprétation de troisième ordre : un modèle, un processus, une reconceptualisation.

(En synthèse thématique : codage ligne à ligne des sections résultats → regroupement en thèmes descriptifs → génération de thèmes analytiques qui « dépassent » les études.)

Étape 4 — Écriture et reporting

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Approche choisie et justifiée (méta-ethnographie vs thématique)
1er et 2e ordres distingués dans l'extraction
Grille de traduction réciproque construite
Contradictions traitées (synthèse réfutationnelle)
Interprétation de 3e ordre traçable jusqu'aux verbatims
Contextes préservés ; reporting ENTREQ couvert

Références clés

Skills voisins

Corpus quantitatif → meta-analyse. Corpus mixte → revue-mixte. Mécanismes contextuels d'interventions → realist-review.

10Revue critique

Fichier : revue-critique.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue critique de la littérature : évaluation argumentée d'un corpus qui va au-delà de la description pour aboutir à une prise de position, un modèle conceptuel ou des hypothèses nouvelles. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « revue critique », « critical review », veut « critiquer la littérature », démontrer les limites conceptuelles ou méthodologiques d'un champ, proposer un modèle intégrateur ou une reconceptualisation à partir de l'existant, ou écrire un article purement conceptuel fondé sur l'évaluation du corpus. Ne pas utiliser pour une synthèse neutre et argumentée (revue-narrative), pour combiner littératures empirique et théorique en cadre unifié sans visée critique (revue-integrative), ni quand un protocole documenté est requis (revue-systematique).

La revue critique évalue là où les autres formats décrivent ou synthétisent. Son livrable n'est pas un état des connaissances mais une thèse sur le champ : ce que la littérature a mal conceptualisé, mal mesuré ou mal cadré — et ce qu'il faut proposer à la place (typologie, modèle, hypothèses, reconceptualisation). Dans la typologie de Grant & Booth (2009), c'est le format qui « aboutit typiquement à une hypothèse ou un modèle ».

C'est le format des articles conceptuels en gestion (AMR, Journal of Marketing section conceptuelle, Recherche et Applications en Marketing pour les notes de recherche théoriques).

Ce qui distingue une critique d'une opinion

La critique doit être structurée par des critères explicites, appliqués uniformément au corpus. Sans critères annoncés, la revue critique dégénère en règlement de comptes bibliographique. Les axes de critique légitimes :

  1. Conceptuel : définitions circulaires, construits mal délimités, confusion entre concept et mesure, prolifération terminologique (jingle-jangle : mêmes mots pour des choses différentes, mots différents pour la même chose).
  2. Théorique : hypothèses implicites non testées, emprunts de théories hors de leur domaine de validité, absence de mécanisme explicatif.
  3. Méthodologique : designs incapables de soutenir les conclusions causales avancées, échantillons systématiquement biaisés (WEIRD, étudiants), mesures auto-rapportées généralisées.
  4. Paradigmatique : angles morts partagés par tout le champ (ex : littérature sur l'influence qui ignore l'économie des plateformes).

Méthode en 5 temps

1. Corpus assumé et justifié. La revue critique n'exige pas l'exhaustivité, mais la sélection doit être défendable : travaux les plus cités + travaux fondateurs + contre-exemples. Expliciter la logique de sélection en une phrase dans le texte (« les 40 articles les plus cités du champ, complétés par... »).

2. Annoncer la grille critique. Les 2–4 critères d'évaluation, posés avant l'analyse, appliqués à tout le monde — y compris aux travaux que l'auteur apprécie.

3. Documenter chaque critique. Règle absolue : une critique = des exemples précis tirés du corpus (articles nommés, avec ce qu'ils font exactement). Une critique sans pièce à conviction est une insinuation. Équilibrer : reconnaître ce que le champ a réussi avant de montrer où il échoue — la critique crédible n'est pas totalisante.

4. Construire la contribution positive. La destruction seule ne publie pas. La revue critique débouche obligatoirement sur : une redéfinition du construit, OU une typologie, OU un modèle intégrateur (avec propositions P1, P2...), OU un agenda de recherche reformulant les questions du champ. C'est cette partie qui fait la valeur de l'article.

5. Anticiper la défense. Rédiger en imaginant les auteurs critiqués comme relecteurs : chaque affirmation forte doit survivre à « citez un contre-exemple ». Modaliser ce qui doit l'être, assumer ce qui est démontré.

Structure type de l'article

  1. Introduction : pourquoi le champ a besoin d'être réexaminé maintenant.
  2. Périmètre et grille d'évaluation.
  3. Ce que le champ a établi (concession structurée).
  4. Analyse critique par critères (le cœur, 40–50 % du texte).
  5. Reconceptualisation / modèle / propositions.
  6. Agenda de recherche et implications.

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Logique de sélection du corpus explicitée
Critères de critique annoncés et appliqués uniformément
Chaque critique adossée à des exemples nommés du corpus
Acquis du champ reconnus (pas de critique totalisante)
Contribution positive présente (modèle, typologie, propositions)
Ton : ferme sur les idées, jamais ad hominem

Références clés

Skills voisins

Synthèse sans thèse évaluative → revue-narrative. Intégration de littératures pour cadre unifié → revue-integrative. Puis research-humanizer pour le phrasé.

11Revue intégrative

Fichier : revue-integrative.skill

Quand Claude le déclenche

Conduit ou structure une revue intégrative (integrative review, Whittemore & Knafl, Torraco) : synthèse qui combine des littératures hétérogènes — empirique et théorique, quantitatif et qualitatif, disciplines différentes — pour produire un cadre conceptuel unifié, une typologie ou une reconceptualisation d'un sujet mature ou émergent. Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « revue intégrative », veut « intégrer », « croiser » ou « réconcilier » plusieurs littératures ou disciplines, construire un framework à partir de corpus disparates, ou synthétiser un sujet que des champs étudient en silos (ex : IA et travail vus par l'économie, la GRH et les SI). Ne pas utiliser pour évaluer/critiquer un champ (revue-critique), pour agréger des études homogènes (revue-systematique, meta-analyse), ni pour du qualitatif seul (meta-synthese-qualitative).

La revue intégrative est le format le plus inclusif de la famille : elle admet simultanément études empiriques (quanti et quali), travaux théoriques, littératures de disciplines différentes, et les fait converger vers une nouvelle représentation du sujet — cadre conceptuel, typologie, modèle de processus. Sa promesse : voir ce qu'aucun des corpus pris isolément ne montre.

Deux usages canoniques (Torraco, 2005) : sujet mature dont le corpus a besoin d'être reconceptualisé ; sujet émergent dont les premières contributions dispersées appellent une première conceptualisation d'ensemble. Identifier lequel s'applique — cela change le livrable (reconceptualisation vs cadre fondateur).

Cadre : Whittemore & Knafl (2005), 5 étapes

1. Identification du problème. Formuler le phénomène cible et les variables/concepts d'intérêt avec précision — c'est ce qui empêche la revue intégrative de se dissoudre dans son propre pluralisme. Lister les littératures candidates (par discipline ou tradition) et justifier chacune.

2. Recherche documentaire. Rigueur documentée (bases, équations par littérature, périodes) mais adaptée à chaque corpus : les mots-clés diffèrent d'une discipline à l'autre pour le même phénomène — construire une table de correspondance terminologique (ex : « algorithmic management » en SI ≈ « digital Taylorism » en sociologie du travail). Compléter par ancestry search (remontée des bibliographies).

3. Évaluation des données. Point délicat : pas de critère de qualité unique applicable à des sources aussi diverses. Approche pragmatique : évaluer chaque source selon les standards de son genre (rigueur empirique pour les études, profondeur argumentative pour les essais théoriques), et pondérer l'influence de chaque source sur les conclusions en fonction. Documenter la démarche en deux phrases dans la méthode.

4. Analyse des données. Le cœur méthodologique, en 4 sous-étapes (inspirées de Miles & Huberman) : - Réduction : classer les sources en sous-groupes logiques (par discipline, par sous-question), extraire de chacune les éléments codables. - Affichage : matrices de comparaison inter-corpus (lignes = sources ou sous-groupes, colonnes = concepts). C'est ici que les convergences/divergences deviennent visibles. - Comparaison : itérer sur les matrices pour repérer patterns, thèmes transversaux, contradictions entre littératures — les contradictions sont des résultats, pas des problèmes. - Conclusion et vérification : monter en abstraction vers le cadre intégrateur ; revérifier chaque élément du cadre contre les sources primaires.

5. Présentation. Le cadre intégrateur doit être montré (figure : boîtes, flèches, niveaux) et chaque relation du schéma doit être traçable aux littératures qui la fondent. Tableau récapitulatif : concept → définition retenue → littératures sources → divergences résiduelles.

La contribution : les 4 formes de Torraco

Annoncer laquelle la revue vise : (a) agenda de recherche issu des trous entre littératures ; (b) taxonomie/typologie nouvelle ; (c) cadre conceptuel alternatif ou métathéorie ; (d) reconceptualisation du sujet lui-même. Une revue intégrative sans l'une de ces quatre sorties est une juxtaposition, pas une intégration.

Erreurs à bloquer

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Littératures incluses listées et justifiées ; table de correspondance terminologique
Évaluation des sources adaptée à chaque genre, documentée
Matrices de comparaison inter-corpus effectivement construites
Contradictions entre littératures traitées comme résultats
Cadre final figuré, chaque relation traçable aux sources
Contribution au format Torraco (agenda, taxonomie, cadre ou reconceptualisation)

Références clés

Skills voisins

Visée évaluative → revue-critique. Corpus homogène → revue-systematique. Structure T-C-C-M pour la synthèse → revue-cadre-tccm.

12Revue narrative

Fichier : revue-narrative.skill

Quand Claude le déclenche

Rédige ou restructure une revue narrative de la littérature (revue traditionnelle, sélective, argumentée) : la revue de littérature d'un article empirique, d'une thèse, d'un chapitre ou d'un position paper, organisée par un fil argumentatif et non par un protocole exhaustif. Inclut la variante state-of-the-art (état de l'art centré sur les développements récents). Utilise ce skill dès que l'utilisateur demande « une revue de littérature » sans exiger de protocole systématique, veut la partie théorique d'un article ou d'une thèse, un état de l'art, un cadrage conceptuel, ou veut transformer une pile de notes de lecture en texte argumenté. Ne pas utiliser quand un protocole reproductible est exigé (revue-systematique), pour cartographier un champ émergent (scoping-review), ni pour l'introduction elle-même (introduction-recherche).

La revue narrative est sélective et argumentée : elle ne prétend pas à l'exhaustivité mais à la construction d'un raisonnement qui mène le lecteur d'un état des connaissances vers la question de l'auteur. Sa qualité se juge à la force du fil, pas au nombre de références. C'est le format des sections théoriques d'articles empiriques, des chapitres de thèse et des essais de positionnement.

Sa faiblesse assumée — la sélection non documentée — devient un défaut seulement si le texte prétend à l'exhaustivité. Ne jamais écrire « toute la littérature montre que » dans une revue narrative.

Principe directeur : la synthèse conceptuelle, pas le catalogue

Le mode d'échec dominant : la revue-catalogue (« Untel (2020) a montré... Untel (2021) a trouvé... »). Règle de réécriture systématique :

Chaque paragraphe porte une idée (débat, convergence, mécanisme, lacune), et les références servent l'idée. Test : si on supprime les parenthèses de citation, le paragraphe doit rester un argument lisible.

Méthode en 5 temps

1. Cadrer le mandat. Trois questions à l'utilisateur si absentes : (a) la revue sert quoi — un article empirique (elle doit déboucher sur des hypothèses), une thèse (couverture plus large), un essai ? (b) quel périmètre conceptuel (2–4 concepts maximum) ? (c) quelle longueur cible ?

2. Construire l'architecture avant d'écrire. Plans types : - En entonnoir : du concept large vers la relation précise étudiée (standard des articles empiriques). - Par débats : positions concurrentes → arbitrage ou question ouverte. - Chronologique-critique : évolution des paradigmes (réserver aux objets dont l'histoire EST l'argument). - Par niveaux (individu/organisation/marché) ou par mécanismes. Proposer le plan à l'utilisateur avant rédaction.

3. Rédiger avec les connecteurs du raisonnement. Chaque transition doit dire pourquoi on passe au point suivant : toutefois, en revanche, ce constat soulève, deux explications s'affrontent... La revue narrative est une démonstration, ses connecteurs sont sa charpente.

4. Positionner les tensions et la faille. Une bonne revue narrative rend la question de recherche inévitable : arrivé à la fin, le lecteur doit pouvoir formuler lui-même le gap. Chaque section se termine idéalement par ce qu'elle laisse irrésolu.

5. Contrôler l'équité. Sélective ne veut pas dire biaisée : représenter les positions contraires à la thèse de l'auteur, dater les connaissances (« les travaux antérieurs à l'IA générative... »), signaler quand une affirmation repose sur peu d'études.

Variante : state-of-the-art

L'état de l'art est une revue narrative bornée dans le temps, centrée sur les développements récents (typiquement 3–5 ans) et leurs implications : où en est le champ maintenant, qu'est-ce qui vient de changer, où va-t-il. Structure type : bref rappel de l'acquis → ruptures récentes → fronts de recherche actuels → agenda. Format fréquent en IA/marketing digital où la littérature se périme vite.

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Aucun paragraphe-catalogue (test des parenthèses supprimées)
Une idée par paragraphe, transitions argumentées
Positions contraires représentées
Aucune prétention d'exhaustivité non étayée
Le gap se déduit naturellement de la fin de la revue
Références vérifiables — jamais de référence inventée ; signaler tout doute

Références clés

Skills voisins

Protocole exigé par la revue → revue-systematique. Revue destinée à produire un modèle/des hypothèses → revue-critique ou revue-integrative. Enchaîner avec introduction-recherche (entonnoir) et research-humanizer (naturel du texte).

13Revue par grille TCCM / ADO

Fichier : revue-cadre-tccm.skill

Quand Claude le déclenche

Structure la synthèse d'une revue de littérature selon un cadre d'analyse préétabli (framework-based review) : TCCM (Théories, Contextes, Caractéristiques, Méthodes), ADO (Antécédents, Décisions, Outcomes), 6W (who-what-where-when-why-how), ou hybride TCCM×ADO — les formats dominants des SLR en marketing et management (International Journal of Consumer Studies, Journal of Business Research...). Utilise ce skill dès que l'utilisateur mentionne « TCCM », « ADO », « framework-based review », « revue par cadre », veut organiser la synthèse d'un corpus déjà constitué, transformer une grille d'extraction en article de revue, ou produire un agenda de recherche structuré. Ce skill s'occupe de la SYNTHÈSE ; pour le protocole documentaire amont (équation, flux PRISMA), utiliser revue-systematique. Ne pas utiliser pour une synthèse thématique libre (revue-narrative).

La framework-based review résout le problème central de toute SLR : comment organiser la synthèse pour qu'elle soit systématique et comparable, plutôt qu'une narration ad hoc. Le cadre fournit les colonnes de l'extraction ET le plan de l'article ET la matrice de l'agenda de recherche — trois problèmes réglés d'un coup. C'est le format qui domine les revues publiées en marketing depuis Paul & Rosado-Serrano (2019).

Ce skill intervient après la constitution du corpus (protocole → revue-systematique) : il prend une liste d'articles inclus et produit la synthèse structurée.

Étape 1 — Choisir le cadre

Étape 2 — Grille d'extraction alignée sur le cadre

Une colonne (ou groupe de colonnes) par lettre du cadre, remplie pour chaque article. Consignes : - T : nommer la théorie telle que les auteurs la revendiquent ; coder « atheoretical » si aucune — la proportion d'études sans théorie est souvent un résultat en soi. - C (contextes) : pays, industrie, B2B/B2C, population, période de collecte. - C (caractéristiques) : variables indépendantes/dépendantes, médiateurs, modérateurs — idéalement sous forme de relations codées (X→Y : +/−/ns). - M : design, taille et nature d'échantillon, technique d'analyse.

Étape 3 — Synthèse lettre par lettre

Le plan de l'article suit le cadre. Pour chaque lettre : 1. Tableau ou figure de fréquences (théories × occurrences ; carte des pays ; matrice variables×relations ; méthodes × périodes). 2. Analyse : dominances, absences, évolutions temporelles. Ne pas se contenter de compter — interpréter (« la domination de TAM signale un champ pensé comme un problème d'adoption individuelle, au détriment des niveaux organisationnels »). 3. Pour les Caractéristiques : le livrable fort est le cadre intégrateur (figure synthétisant antécédents → phénomène → outcomes avec médiateurs/modérateurs recensés).

Étape 4 — L'agenda de recherche par croisement

La signature du format : l'agenda découle mécaniquement du cadre. Construire la matrice des absences : - Théories jamais mobilisées alors que pertinentes → « future research could draw on... » - Contextes ignorés (pays du Sud, PME, B2B...) - Relations non testées, modérateurs suggérés mais non mesurés - Méthodes absentes (longitudinal, expérimental, qualitatif...)

Formuler l'agenda en questions de recherche numérotées (RQ1, RQ2...), chacune rattachée à sa case vide du cadre. C'est la partie la plus citée de ce type d'article : la soigner.

Passe de vérification (obligatoire)

Contrôle OK ?
Cadre choisi, justifié, cité (TCCM/ADO/6W)
Grille d'extraction couvrant chaque lettre pour chaque article
Un tableau/figure de fréquences par lettre
Interprétation au-delà du comptage
Cadre intégrateur figuré (si Caractéristiques/ADO)
Agenda en RQ numérotées, chacune tracée à une absence du cadre

Références clés

Skills voisins

Protocole documentaire amont → revue-systematique. Analyse quantitative du corpus en complément → revue-bibliometrique (workflow hybride courant : bibliométrie pour la structure, TCCM pour le contenu).